Voici
ce que nous entendons et lisons de plus en plus ces derniers mois.
Qu'en est-il vraiment ?
Il est bien aisé pour certains d'affirmer que les législations, française
ou européenne, ne permettent pas, aujourd'hui, de parler de vin bio.
Il faudrait se limiter à spécifier que certains vins sont produits
à partir de raisins issus de l'agriculture biologique. Essayons tout
de même de dépasser l'hypocrisie ambiante.
Nous
savons tous que la législation, comme dans tout autre domaine, sera
contrainte d'évoluer en fonction des pratiques et de s'adapter.
La
réalité est dans l'action, pas dans l'attente de textes.
Même
si leurs chartes n'ont pas valeur de loi, de nombreux producteurs responsables,
s'engagent formellement. Ils précisent clairement quelles sont les pratiques
qu'ils mettent en uvre, tant à la vigne qu'au chai.
Ils
sont engagés dans l'observation des éléments, le respect
de leur(s) terre(s), de leur environnement et de leurs dégustateurs.
D'autres,
plus ou moins importants,
peuvent être agressifs, insultants ou sourds quand vous les questionnez
sur leurs façons de travailler.
Il
n'en reste pas moins que l'acteur le plus important
est encore le dégustateur. Nous en rencontrons de moins
en moins qui ne se soucient pas de ce que vont contenir leurs verres.
Ils
restent de vrais jouisseurs tout en étant exigeants sur les origines
de ce qu'ils boivent.
Beaucoup moins sujets, c'est n constat, à suivre aveuglément
les propos ou avis émis par certains "experts" en vins,
parfois très dépendants de "familles" ou groupes
de presse puissants.
Goût, plaisir, santé et respect reviennent souvent dans les attentes
exprimées par ces amateurs.
Foin
des déclarations de certains "connaisseurs" qui disent
encore que - la bio ... c'est du pipeau !
Dixit M. David Cobbold
... expert en vins.
Nombreux
sont les vignerons qui ont ainsi dénoncé diverses outrances
en matière de traitements des plantes ou ajouts en cave. Certains
se sont fait peur en prenant conscience de certaines de leurs pratiques.
Ils
savent mieux que quiconque pourquoi il faut mettre fin à des
pratiques qui pourraient mener lentement à transformer le vin
en un réel poison. Nous en connaissons qui étaient de
bons et gros clients de l'industrie phytosanitaire et des "sucriers",
sans pour autant avoir étés ceux qui, dans ce "système",
se sucraient le plus.
Ils
ont constaté de l'intérieur dans quelles proportions l'industrie
et les financiers leurs imposaient ces pratiques assassines. Ils en
sont revenus mais gardent parfois ces années ou décennies
de traitement comme une forme d'épée de Damoclès
au-dessus d'eux qu'ils expriment :
"- Avec tout ce que j'ai inhalé, versé, trituré
durant ces années, quand je vois certains de mes anciens collègues
et amis, gravement malades ou disparus, je ne peux m'empêcher
de penser avec inquiétude aux conséquences de nos actes."
La réalité quotidienne nous impose de rester vigilants
mais nous sommes très optimistes, constatant que le nombre de
conversions vers la production "bio" croît de manière
enthousiasmante.
Et,
très honnêtement, nous nous régalons ! Tant dans
les rencontres que ces démarches nous amènent à
faire que dans les plaisirs procurés par les délicieuses
cuvées que nous dégustons.
Pascal
Liébeaux
Caviste chez Biofrais
La
sphère viticole évolue !
Notez
également que de plus en plus de contenus d'éditoriaux
de magazines traitant du vin "s'adaptent" aux réalités
en intégrant certaines réflexions sur l'approche bio de
la filière vin.
Il
faut préciser tout de même que l'évolution des choses
est parlante ...
La
fin des vins bio approche ! Schocking. !
Et pourtant la machine s'est mise en route. 15% des vignerons non-bio
envisagent une conversion à l'agriculture biologique avant 2013 !
La progression est très rapide. En 2020, les vins issus d'une agriculture
biologique pourraient représenter 30% de la production au lieu de 6%
actuellement. Sous la pression des consommateurs , sous l'impulsion
du Grenelle de l'environnement, l'agronomie fait sa révolution. La Recherche
mobilise ses moyens et sa capacité créative : la fertilisation organique
se généralise, on change les techniques culturales pour favoriser la
vie biologique des sols, de nouveaux insecticides compatibles avec la
viticulture biologique, de nouvelles variétés de vignes vont apparaitre
plus résistantes aux maladies du bois ou aux maladies cryptogamiques,
les techniques d'hybridation sont à nouveau à l'ordre du jour… Il ne
faudra pas cinquante ans pour que tous les vins soient bio, ce qu'ils
n'auraient pas du cesser d'être ! Retrouvez les pionniers au Millésime
Bio 2011.
Documentaire
très intéressant, notamment les suggestions faites par M. Jean-Pierre Frick (dès la 9ème minute de la
1ère partie ci-dessus)
pour "lister" les adjuvants. Certains de ses vins
(sans soufre ajouté) sont présents au Caveau Biofrais.
Les associations du Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe), dont
le MDRGF, publient les
résultats d'une campagne d'analyses réalisée sur des vins d'Europe et
du monde entier et
dénoncent la contamination généralisée de ces vins par des résidus de
pesticides.
L'Étude. L'étude a été
coordonnée par PAN-Europe, et soutenue par le MDRGF pour la France,
Global 2000 pour l'Autriche et Greenpeace Allemagne. 40 bouteilles de
vin rouge ont été analysées, en provenance de France, d'Autriche, d'Allemagne,
d'Italie, du Portugal, d'Afrique du sud, d'Australie et du Chili. 34
étaient issues de l'agriculture intensive et 6 de l'Agriculture Biologique.
Résultats : 100% des vins conventionnels
testés contaminés. En effet chaque échantillon testé contient
en moyenne plus de 4 résidus de pesticides différents : les plus contaminés
d'entre eux contenant jusque 10 pesticides !
Niveau
de contamination: 5800 fois plus élevée que pour l'eau potable !
Les niveaux de contamination dans cette étude sont variables et ne dépassent
pas les limites maximales autorisées (LMR). Cependant, il est à noter
qu'il n' existe pas de LMR vin a proprement parler mais qu'on se réfère
à celles utilisées pour le raisin qui sont très élevées. Il faut en
outre préciser que les niveaux de contamination observés dans le vin
sont considérablement plus élevés que les niveaux tolérés pour les pesticides
dans l'eau puisque qu' on a trouvé dans certains vins testés des quantités
jusqu' à plus de 5800 fois supérieures aux Concentrations Maximales
Admissibles (CMA) autorisées par pesticide dans l'eau du robinet !
Risques sanitaires. Ces nombreux
résidus témoignent d'une utilisation très intensive de pesticides en
viticulture. Parmi ces résidus trouvés de nombreuses molécules sont
des cancérigènes possibles ou probables, des toxiques du développement
ou de la reproduction, des perturbateurs endocriniens ou encore des
neurotoxiques.
Vins biologiques. Les vins biologiques
analysés ne renferment pas de résidus de pesticides à
l' exception d' un échantillon de Bourgogne dans lequel on a trouvé
des quantités faibles d' un produit. Cette présence est expliquée par
les dérives des pulvérisations en provenance des parcelles voisines.
Cette contamination des viticulteurs biologiques, quoique rare et à
de faibles quantités, est totalement inacceptable. « L' étude réalisée
par PAN et le MDRGF montre que l'utilisation très intensive de pesticides
enviticulture
- 20% des pesticides utilisés sur 3% de la surface agricole - a comme
conséquence laprésence systématique
de nombreux résidus dans les vins. Il est grand temps,conformément
aux décisions du Grenelle, que la viticulture réduise sa consommation
depesticides pour réduire
l' exposition des consommateurs en privilégiant lestechniques
alternatives aux pesticides.
Ce sont ces systèmes alternatifs dont leMDRGF
fait la promotion lors de la 3ème semaine sans pesticides qui a lieu
du 20au 30 mars. » déclare
F. Veillerette, Président du MDRGF et administrateur du réseau PAN-Europe. « En outre, les représentants du gouvernement
français devront absolument tout faire pour que les législations européennes
sur les pesticides en préparation éliminent les pesticides les plus
dangereux et favorisent les systèmes qui réduisent fortement, ouse passent complètement, de ces toxiques
» ajoute F. Veillerette.